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Qu’est ce qui vous a amené à vous consacrer à la photo?
J’ai toujours voulu rapporter en images les émotions que je pouvais vivre, notamment en mer. Cette dernière est une sensation en soi, je fantasme beaucoup de scènes en amont. Quand j’ai la chance d’en apercevoir une amorce, je pense tout de suite à la photographie. Pour d’autres c’est l’écriture, la vidéo, le dessin ou encore la musique… Pour moi, ça a toujours été la photo. En 2015, année de préparation de ma première exposition itinérante Choses Maritimes, j’ai pris beaucoup de plaisir à enfin

montrer autre chose qu’un post sur un réseau social. Ce contact avec l’œuvre physique et la rencontre avec le public ont déclenché en moi beaucoup de bonheur. Suffisamment pour comprendre que la photographie, ça sera pour la vie !

Quelques mots sur votre parcours photos et vos thèmes de prédilection.
Photographe maritime, je suis un grand amoureux des sports nautiques et des éléments marins. Au fil de ces dernières années, j’ai vu grandir ma passion pour la photographie au sein de cet univers iodé, en m’essayant à différents exercices de style, jusqu’à trouver le mien. Épris de l’univers maritime sous toutes ses formes, j’ai pu immortaliser dans mon viseur une large palette d’images de mer, de la mythique frégate Hermione aux figures acrobatiques des  windsurfeurs bretons, en passant par les «mastodontes» de la Marine Nationale, à l’instar du porte-avions Charles de Gaulle et des sous-marins nucléaires de l’Île Longue. Aujourd’hui je touche du doigt mon rêve en publiant mon quatrième ouvrage photographique, Silver Series, qui retrace dix années de passion et de rencontres, au fil de l’eau. Au cours des six dernières années, j’ai eu la chance d’exposer mes œuvres au travers de multiples expositions itinérantes (Choses Maritimes, Terre de glisse,…), dont une à bord du Queen Mary 2, pour une exposition entre St Nazaire et New-York. Ce fut une première occasion de participer in situ à une vente aux enchères orchestrée par la maison Drouot, expérience réitérée l’année suivante dans les salons feutrés du Quai d’Orsay… Sélectionné et exposé à l’occasion du 45ème salon de la Marine en 2021, je nourrissais depuis près de dix ans le rêve d’appartenir au corps très ancien et prestigieux des peintres officiels de la Marine. Rêve devenu réalité le 1er septembre 2021 avec ce décret signé par la ministre des Armées.

Et par ailleurs, j’adore me rendre dans les chantiers de bateaux ! J’ai l’habitude de reconstituer un studio photo avec des flashs en nombre et surpuissants sur des sujets qui font parfois jusqu’à 450 m de long ! Dernièrement, j’ai pu faire le Queen Mary 2, magique ! Ou d’autres, un peu plus noirs, et qui contiennent quelques mini-fusées Ariane… Je suis curieux, j’ai besoin de voir ce qui se passe en dessous. Quand j’étais gamin, je rêvais chaque été quand je mettais un masque de plongée pour découvir le petit monde des flaques de rochers une fois la mer retirée !

Je pense que la notion de série était importante. Elle l’est de manière générale en photographie, quel que soit le sujet !

Vous exposez votre travail dans le cadre du VIF. Parlez-nous de ce travail.
Sur les dix images proposées dans le cadre du VIF, il y en a six qui appartiennent à une série baptisée Périscopes. Née à l’occasion d’un « accident photographique » voilà plusieurs années, cette série m’a permis d’atteindre mon rêve de devenir un jour Peintre officiel de la Marine (en section photographie, aux côtés de Jean Gaumy, ou encore Yann Arthus Bertrand). En effet, c’est la proue de l’Hermione, à demi-immergée (présente dans dans la série) qui a emporté les votes du jury. Je pense que la notion de série était importante. Elle l’est de manière générale en photographie, quel que soit le sujet !
Deux autres photographies caractérisent également mon travail. La première, Of mice and Men, ce petit bateau et ses deux équipiers, au « cul » d’un géant de la « MarMar » (Marine Marchande). Je rentre dans le sujet avec un 800mm à main levée depuis ma propre embarcation. Cela revient à utiliser un télescope en espérant faire la mise au point alors que vous êtes dans un manège au parc Astérix… Ce type de focale écrase les perspectives. C’est une vision singulière qui permet de rentrer dans le sujet d’une manière presque indécente. On franchit la barrière de l’intimité du bateau. Idem avec cette somptueuse proue du bateau de chez Disney Cruiseline où se mélange une approche basée sur la lumière et sur une profondeur de champ réduite.
J’ai une prédilection pour la photo Blanc Bleu, ce tronçon de sous-marin nucléaire lanceur d’engin aux tons très pastels, très doux, ce qui tranche avec la fonction de la machine. La bête fait 14 000 tonnes, pas un seul bruit, et pourtant je suis à quelques mètres de sa route. La ministre des Armées, Florence Parly, aime beaucoup ce cliché, notamment pour son côté mimétisme animal. Si vous cachez les chiffres de ligne de jauge avec la main (profondeur sous la ligne de flottaison) vous retrouvez l’event d’une baleine. Le tableau est d’ailleurs accroché dans son bureau à l’hôtel de Brienne, en bonne place à côté d’un portrait de Vauban… C’est le second sous-marin que j’accroche à Paris, le premier est à l’Elysée !

Ewan Lebourdais-10

Votre définition de la photo en une phrase ?
Pouvoir écrire avec la lumière, c’est une grande chance quand on a pas le talent d’un écrivain ou d’un musicien !

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