Nature morte industrielle sous les œuvres vives du brise-glace Commandant Charcot, en arrêt technique à Brest.
Premier navire d’exploration polaire de luxe à propulsion hybride GNL/électrique, ce géant des glaces capable de progresser en continu dans près de 2,5 mètres de banquise utilise deux immenses Azipods orientables à 360°. Véritables moteurs électriques externes pivotants, ils remplacent arbre de transmission et gouvernail tout en offrant une précision de manœuvre spectaculaire.
Lorsque la glace devient trop épaisse, le navire adopte alors le principe du double acting ship : les pods pivotent et le bâtiment progresse en machine arrière, hélices orientées vers l’arrière afin de broyer la glace avant le passage de la coque. Les pales, réalisées dans un alliage inoxydable extrêmement résistant, doivent parfois affronter des blocs de pierre emprisonnés dans la glace. J’étais sidéré de découvrir quelques sacrés « pets » sur certaines d’entre elles au début de l’arrêt technique.
Un siècle après Jean-Baptiste Charcot et le Pourquoi-Pas ?, le savoir-faire polaire français poursuit sa route dans un mélange d’acier, de technologie… et d’exploration.