En avant-première, je suis heureux de vous dévoiler l’œuvre que je présenterai à l’occasion du 46e Salon de la Marine, dont le thème sera cette année « 400 ans d’art et de combat ».
Organisé tous les deux à cinq ans au Musée national de la Marine, au Palais de Chaillot, le Salon de la Marine constitue depuis plus d’un siècle l’un des grands rendez-vous de l’art maritime en France. Il réunit les Peintres officiels de la Marine, ainsi que les artistes candidats appelés à rejoindre ce corps singulier.
Le corps des Peintres officiels de la Marine est un corps bénévole, composé d’artistes aux regards et aux pratiques très différents, mais réunis par un même lien avec la mer. Sa seule obligation est de présenter une œuvre à chaque édition du Salon.
Le 46e Salon de la Marine sera également l’occasion d’élire de nouveaux Peintres officiels de la Marine. Tous exposeront ensemble au Musée national de la Marine, face au Trocadéro, dans ce lieu chargé d’histoire qu’est le Palais de Chaillot.
Pour cette édition, l’œuvre présentée s’inscrit dans cette volonté constante de montrer la mer d’aujourd’hui sans oublier ce qu’elle doit à celle d’hier.
L’œuvre réunit la frégate de défense et d’intervention Amiral Ronarc’h et la goélette à hunier Belle Poule, à la pointe bretonne.
La force du symbole tient précisément à cette rencontre. L’étrave inversée de la frégate, silhouette numérique et futuriste, semble vouloir communier avec la chute de la grand-voile à corne de la Belle Poule, comme si une même Marine dialoguait avec elle-même à travers le temps.
Et pourtant, cette étrave que l’on pourrait croire née du seul XXIe siècle porte elle aussi sa part de mémoire. Sa forme inversée rappelle discrètement celles de certains cuirassés et navires de guerre du début du XXe siècle, lorsque l’architecture navale cherchait déjà, par d’autres moyens, à affronter la mer et à imposer sa puissance. Ou encore la forme des flotteur des catamaran géant sur foils de l’America’s cup en 2013…
Il n’y a pourtant ni opposition ni nostalgie dans cette image. Seulement une même mer, une même exigence, et cette continuité discrète qui relie les générations de marins. Les formes évoluent, les technologies transforment les silhouettes, les missions se succèdent, mais demeurent les mêmes lignes d’horizon, la même discipline, la même part de rêve.
Je me réjouis d’avance de découvrir les œuvres présentées par mes collègues photographes, parmi lesquels de grands noms comme Franck Seguin, Laurent Ballesta, Thomas Goisque, Benjamin Decoin ou encore Grégory Pol.
Retrouvons-nous au Musée national de la Marine, au Palais de Chaillot, pour ce 46e Salon de la Marine !