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En 2026, la Marine nationale célèbre ses 400 ans. Quatre siècles d’histoire, d’aventures, de combats, d’explorations et d’innovations, dont Brest constitue depuis toujours l’un des grands ports d’attache.

Ici, la ville, l’arsenal, la rade et la Marine entretiennent une relation intime. Les silhouettes des navires changent, les technologies évoluent, les missions se transforment, mais le lien demeure. Pour célébrer cet anniversaire, Le Télégramme et Tébéo ont porté trois regards différents sur cette Marine d’hier et d’aujourd’hui, ainsi que sur mon travail de photographe et de Peintre officiel de la Marine.

Trois rendez-vous complémentaires : un reportage en immersion dans une forme de radoub, un grand portrait publié par Le Télégramme et une émission spéciale tournée à bord du BSAM Garonne.

Au fond de la forme, face au Commandant Charcot.

Pour le premier de ces rendez-vous, Le Télégramme et Tébéo m’ont accompagné dans un lieu rarement accessible : au fond d’une forme de radoub de l’arsenal de Brest, auprès du Commandant Charcot.

Descendre dans une forme, c’est découvrir un navire sous un angle radicalement différent. Depuis le fond du bassin, la coque se dresse comme une architecture monumentale. Les lignes que l’on observe habituellement au niveau de l’eau apparaissent soudain dans leur totalité. L’étrave domine, les volumes se révèlent et l’échelle du bâtiment prend une dimension presque irréelle.

C’est aussi un univers que j’aime particulièrement photographier. Il réunit deux axes essentiels de mon travail : la mer et l’industrie. Dans ces lieux, la matière porte les traces des navigations, du temps, de l’effort et du travail des femmes et des hommes qui entretiennent les navires. L’acier, les hélices, les œuvres vives et les parois de la forme composent un paysage graphique à part entière.

Ce reportage permet de partager les coulisses d’une prise de vue, mais aussi ma manière de chercher une image : observer les lignes, jouer avec les proportions, attendre qu’une lumière ou une présence humaine donne soudain du sens à l’immensité du décor.

Faire entrer les spectateurs dans une forme de radoub, c’est enfin leur ouvrir les portes d’un patrimoine maritime et industriel généralement invisible. Un monde situé derrière les murs de l’arsenal, au cœur même de l’histoire navale de Brest.

 

Mon parcours sous la plume de Stéphane Jézéquel 
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Dans son numéro exceptionnel La Marine en Bretagne – Aujourd’hui et demain, Le Télégramme a également choisi de consacrer un grand portrait à mon parcours.

L’article revient notamment sur cette image d’un sous-marin nucléaire quittant la rade de Brest, qui a profondément changé la suite de mon aventure photographique. Il raconte les navigations à bord de mon semi-rigide, les objectifs parfois plongés sous la surface, les prises de vue dans la tempête, les séances avec les commandos, les frégates, les sous-marins, le porte-avions et l’aéronautique navale.

Il évoque également ma nomination comme Peintre officiel de la Marine en 2021, les ouvrages publiés depuis, l’une de mes photographies accrochée au PC Jupiter à l’Élysée, mais aussi mon travail auprès de Naval Group, de Safran, de la Direction générale de l’armement et des grands acteurs de l’industrie française.

J’ai été particulièrement touché par le regard porté par Stéphane Jezequel sur ce parcours. Il restitue la détermination nécessaire pour obtenir certaines images, mais aussi ce qui constitue sans doute le fil rouge de mon travail : ne jamais attendre que le sujet vienne à moi.

Aller au contact, comprendre une manœuvre, chercher un angle différent, anticiper la lumière et parfois mouiller franchement la veste de quart… Photographier la Marine exige de s’adapter sans cesse et de rester disponible à ce que la mer, les bâtiments et les marins veulent bien offrir.

Ce portrait raconte aussi ma volonté de ne jamais m’enfermer dans une manière unique de photographier. Passer de la mer à l’atelier, du pont d’un bâtiment à une fonderie, d’un sous-marin à un visage de marin : autant de façons de poursuivre une seule et même quête, celle de mes émotions maritimes.

 

Une émission spéciale à bord du BSAM Garonne 

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Troisième et dernier rendez-vous : une émission spéciale réalisée par Le Télégramme, Tébéo et TébéSud, intitulée La Marine nationale, 400 ans d’ancrage en Bretagne. Le tournage s’est déroulé quai Malbert et à bord du bâtiment de soutien et d’assistance métropolitain Garonne. Durant près de 45 minutes, l’émission nous entraîne à travers quatre siècles d’histoire navale profondément liés à Brest et à la Bretagne.

Des bâtiments de surface aux sous-marins, de l’aéronautique navale aux technologies de demain, elle permet de mieux comprendre cet univers aussi familier aux Brestois qu’il demeure mystérieux pour beaucoup. Mais derrière la puissance des bâtiments et la complexité des machines, elle cherche surtout à saisir l’esprit des marins d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

J’ai eu le plaisir de participer à cette émission et d’y partager ma vision de la Marine, construite au fil des embarquements, des rencontres et des années passées à la photographier. Être Peintre officiel de la Marine ne consiste pas seulement à témoigner de ce qui fut. C’est aussi raconter la Marine telle qu’elle vit aujourd’hui : ses traditions, ses transformations, ses métiers, ses visages et les défis qui l’attendent. Derrière chaque bâtiment, je cherche toujours une lumière, une matière, une attitude ou un regard. Une image capable de faire ressentir cet univers à celles et ceux qui n’auront peut-être jamais la possibilité de monter à bord.

Quatre siècles et toujours le même horizon…

Ces 400 ans sont bien davantage qu’une commémoration. Ils forment un trait d’union entre les marins d’hier, ceux qui servent aujourd’hui et ceux qui embarqueront demain. Ils racontent également Brest et la Bretagne, indissociables de cette grande aventure navale française.

Je remercie très sincèrement Le Télégramme, Tébéo et TébéSud pour ces trois mises en lumière, Stéphane Jézéquel pour la justesse et la générosité de son portrait, ainsi que les marins qui, depuis toutes ces années, m’accordent leur confiance et m’autorisent à porter sur leur univers mon regard d’auteur.

La Marine fête ses 400 ans. Pour ma part, je continue à la photographier comme au premier jour : avec curiosité, respect et cette envie intacte d’aller voir ce qui se trouve un peu plus loin, de l’autre côté de l’étrave.