Quatre bateaux noirs. Téméraire, Terrible, Vigilant et Triomphant.
Quatre photographies sur la composante océanique de la dissuasion Française
Au large de Brest, dans une mer agitée, une silhouette sombre écumante transite à la surface.
Au même moment, dans une zone inconnue de tous, un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) est dilué dans les abysses, prêt à actionner le feu nucléaire sur ordre Présidentiel.
Dans le même espace temps, un autre SNLE est en forme de radoub au coeur de la base opérationnelle de l’Île Longue pour subir un entretien léger et un autre subit un arrêt pour entretien majeur (IPER) du côté de Brest.
C’est l’exploit que la France réalise depuis plus de cinquante ans sans discontinuer. Avoir un SNLE en permanence à la mer pour une dissuasion crédible, avec seulement quatre bateaux noirs. Meilleure preuve pour les Français que leur défense commence au large…
Un départ en patrouille ne ressemble à rien d’autre. Il y a la houle, le vent, l’acier, mais surtout le silence des intentions.
À la veille du discours du Président de la République sur la doctrine française de dissuasion à l’Île Longue, ces photographies résonnent d’une manière particulière avec les mots qu’il avait écrits en préface de mon livre « SUB : l’immersion », aux Editions Odyssée :
« La France est une puissance, et une puissance maritime. »
« Sans cesse (…) des Français veillent sur la France. »
« Du secret de la position de nos sous-mariniers (…) dépend une part essentielle de notre sécurité. »
« Ils sont au cœur de notre dissuasion nucléaire. »
Ces phrases disent l’essentiel.
La dissuasion n’est pas une abstraction stratégique. Elle est incarnée.
Par des équipages. Par des visages que l’on ne voit jamais. Par des départs que personne ne remarque, sinon ceux qui savent.
Photographier un SNLE, c’est approcher une frontière paradoxale : rendre visible ce qui est conçu pour disparaître.
Comme l’écrit également Emmanuel Macron :
« Et c’est là que le travail de photographe d’Ewan Lebourdais prend une importance cruciale, stratégique même : entrebâiller les profondeurs, laisser deviner sans dévoiler, et ainsi attester de la force française. Par lui, les plus grands invisibles de nos mers sortent de l’ombre qui est leur habitat ordinaire; et par la médiation de l’art, les regards peuvent se braquer sur des bâtiments justement conçus pour leur échapper. »
Dans la tempête, au moment où le sous-marin bascule vers le large, il y a toujours cette impression étrange.
Une puissance immense, une paix silencieuse.
Respect absolu pour celles et ceux qui partent et toutes mes pensées pour ceux qui attendent leur retour. Merci !