400 ans.
Et cette jeunesse qui prend le relais.
Hier, à Brest, le Centre d’instruction navale ouvrait le bal des 400 ans de la Marine nationale. Dans l’enceinte du CIN, où cohabitent l’École de Maistrance, l’École des Mousses et le Lycée naval, un rituel essentiel s’est joué : la présentation aux drapeaux. Un moment de silence et de verticalité. Un moment qui dit, sans discours inutile, ce que signifie “s’engager”.
Derrière mes boîtiers, j’ai ressenti quelque chose de rare : une émotion calme, solide. Le sens de l’engagement, la présence des familles, les regards, les gestes, les épaules un peu raides et les mains qui cherchent leur place… Tout cela raconte plus qu’une cérémonie. Cela raconte une génération qui choisit, et un pays qui continue d’y croire.
Et puis il y avait eux : les proches. Ceux qui observent sans trop bouger, pour ne pas “prendre de place”, mais qui portent tout. Des parents venus parfois de loin, des fratries, des grands-parents. Des sourires discrets, des yeux humides, des mains serrées un peu trop fort. Une fierté évidente, mais tenue, pudique. Celle qu’on ne crie pas, parce qu’on comprend instinctivement que ce moment n’appartient pas qu’à la famille : il appartient aussi à l’uniforme, à la Nation, à quelque chose de plus grand.
Je n’ai pas cherché “la belle image”. J’ai cherché l’humain. Celui qui tremble à peine. Celui qui se tient droit. Celui qui sait que la mer n’est pas un décor, mais un milieu exigeant et parfois brutal.
Mon grand-père maternel était de ceux-là. Matelot embarqué sur la seconde Jeanne, apprenti charpentier de marine, rapté sur la base de Lanvéoc et déporté en Prusse-Orientale durant la Seconde Guerre mondiale. Une trajectoire qui rappelle que l’Histoire n’est jamais loin, et que la paix ne tient pas toute seule.
Ici, plus de 500 jeunes militaires s’apprêtent à goûter à l’aventure maritime, à construire des souvenirs, à apprendre un métier, à servir. À protéger, aussi. Parce que nos libertés ne se défendent pas avec naïveté, mais avec de la discipline, du courage, et cette forme de fidélité que la mer impose.
« Mousse, sois toujours vaillant et loyal »
« Honneur, Patrie, Valeur, Discipline »
Ces mots ne sont pas des slogans. Ils sont une continuité. Celle d’une Nation maritime, qui sait que la mer relie autant qu’elle sépare, et que la liberté des peuples se joue aussi sur l’eau.
Derrière les images, il y a un héritage. Après l’âge d’or espagnol et portugais du XVIe siècle, la France bâtit au XVIIe siècle une marine d’État, plus qu’une armée de la mer : un outil de souveraineté, de protection, de présence au monde.
400 ans plus tard, la Marine nationale demeure un atout majeur : par sa polyvalence, par son spectre de savoir-faire, par la qualité des femmes et des hommes qui la composent.
Joyeuse année anniversaire à notre Marine nationale.
Et vivent les marins !



