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Il y a quelques mois, j’ai eu la chance de prendre en main la réalisation complète d’un livre célébrant le cinquantième anniversaire de CFM, la coentreprise entre Safran (SAE) et General Electric (GEA). L’idée était de mettre en avant un savoir-faire exceptionnel, autour d’une Histoire qui ne l’est pas moins, par le biais des gens qui font le sel quotidien des deux géants. Un hommage centré sur l’humain.

Je découvrais, par la même occasion, que nous étions, nous Français, leaders mondiaux dans la fabrication des moteurs d’avions civils à part égales avec les USA et ce, depuis 50 ans ! De quoi rendre fier — un sentiment qui ne me quitte pas quand j’ai la chance de photographier le génie de l’homme (SNA Suffren lors du lancement à Cherbourg, premières pièces du PANG, chantier du Guip…).

À l’origine, c’est l’ouvrage « Bois & Marines, des forêts à la mer », aux éditions Odyssée, qui suscite l’envie d’un livre anniversaire : un livre qui serait authentique et sincère, loin des brochures « corporate » que pas grand monde ne consulte, mais qui font plaisir aux CEO. Cet ouvrage était né d’une envie de la pépite EcoTree, qui, à l’origine, était très « corporate ». Après quatre ans d’un travail acharné, avec notamment Erwan Le Méné et Matthieu de Guillebon, un livre naissait… et gagnait le prix Marine « Bravo Zulu » ! Pas mal pour une « brochure » 🙂

Évidemment, de « corporate », il ne restait plus que le fait que l’ouvrage et son coffret devenaient un merveilleux cadeau pour la pépite du « green ». Le CEO était également content, et les récipiendaires repartaient avec à la maison, au lieu de laisser traîner l’objet au bureau quelques mois avant l’inévitable passage par la poubelle…

Revenons à nos moteurs. Deux géants de l’industrie, unis en une belle entreprise commune : celle de fournir aux constructeurs d’avions les meilleurs moteurs au monde ! Motivé par ces découvertes et par le « challenge », il a fallu retrousser ses manches et réussir à produire l’ouvrage en quelques mois seulement.

Du pain d’acier brut au moteur « high-tech » en titane et carbone, retour en chiffres sur la réalisation d’un ouvrage hors norme. Une expérience unique, mélangeant directions opérationnelle et artistique, management interculturel et travail d’édition. Un travail en équipe, avec mes amis Alain Escourbiac, Mathieu Le Gall… Un travail dont je suis sorti grandi et… épuisé !

  • 10 jours pour la création d’un cahier des charges et les traductions
  • Rassembler plus de 20 000 photographies brutes (le fameux format « RAW »)
  • Des dizaines de jours, de nuits, de week-ends à trier, éditer et développer en noir & blanc 100 % de la matière brute
  • Cinq continents : Europe, Afrique, Inde, Chine, Amérique du Nord et du Sud
  • Une collecte auprès d’une bonne dizaine de photographes différents, via une demi-douzaine d’agences ayant reçu le cahier des charges de prise de vue
  • Six mois d’allers-retours et de réunions à horaires décalés pour réussir à faire le métier d’éditeur
  • Dix dates-clés pour retracer l’Histoire et le travail d’iconographie associé
  • Trois, c’est le nombre de chromies noir & blanc dans le livre et donc 3 passages sur les presses d’Escourbiac, l’imprimeur, pour un rendu au niveau des livres d’art les plus exigeants
  • Une, c’est la couverture, réalisée avec le boîtier moyen format Phase One IQ4 et le Schneider 80 mm et quelques flashs Profoto glissés ci ou là !
  • Des dizaines de milliers : c’est le nombre de salariés représentés par la centaine de photographies de l’ouvrage final. Kévin, Oktay, Mbaiwam, Dave, Morgan, Éric, William, Didier, Lei… Autant de prénoms autour de gestes précis, autant de prénoms composant une chaîne humaine capable du meilleur
  • Un, c’est le prix que l’imprimerie Escourbiac a remporté grâce à « People of Flight » (et « SUB : L’Immersion » !). Ce prix, c’est le « Cadrat d’Or », la plus haute distinction depuis 1956 de l’imprimerie française

Épuisé donc, mais ravi. Ravi de voir que l’équipe France, quand elle se mobilise, elle peut, et ça a de la gueule !